Mindset - Mes 5 astuces pour favoriser la progression en menuiserie

Nov 20, 2022

Il y a quelques années j’ai lu un bouquin de la psychologue Carol Dweck “Osez réussir !: Changez d'état d'esprit”. Tu te demandes ce que ça vient faire dans un article sur la menuiserie ? On va y venir.

Ses nombreuses recherches poussées à l’Université de Stanford l’ont amenée à mettre en évidence deux types d’état d’esprit.

L’état d’esprit de progression est celui où l’on considère qu’on peut apprendre et améliorer son intelligence, ses aptitudes et ses talents par l'effort.

A l’inverse, un état d'esprit fixe nous fait considérer ces mêmes traits comme impossibles à faire évoluer au fil du temps, comme gravés dans le marbre.

C’est un peu la différence entre l’inné et l’acquis.

Je te partage 5 astuces pour t'aider à développer un état d'esprit de progression.

Mais pour commencer, comment savoir si tu as majoritairement un état d'esprit de progression ou fixe ?

 

La réponse n'est pas toujours évidente.

Un état d’esprit de progression PUR n’existe pas. En général, on adopte des états d’esprit différents selon les situations dans lesquelles on se trouve.

Par exemple, on peut avoir tendance à prendre des risques dans sa vie professionnelle, mais apprécier la routine et être plus résistant au changement dans sa vie personnelle.

Aucune ligne de partage claire ne sépare les deux modes de pensée, mais voici quelques signes différentiateurs.

Les signes de l’état d'esprit de progression

  • Je pense que la réussite est due à l'effort, pas seulement au talent inhérent
  • Je suis prêt(e) à apprendre de mes erreurs et à valoriser la critique constructive
  • Je pense que mon intelligence et mes compétences peuvent être développées
  • Je suis prêt(e) à poser des questions et à admettre que je ne sais pas quelque chose
  • Je suis souvent en quête de tâches stimulantes et je prends des risques mesurés

 

Quelques exemples illustrant un état d’esprit fixe

  • Soit je suis bon en quelque chose, soit je ne le suis pas
  • Je ne peux pas apprendre maintenant : c'est trop tard
  • A quoi bon essayer si je vais échouer ?
  • J'ai toujours du mal avec…
  • Je ne peux pas faire mieux, c'est comme ça.

Une personne avec un état d’esprit fixe a aussi tendance à prendre le feedback comme une attaque personnelle.

Mes 5 astuces pour développer un état d’esprit de progression

Voici les quelques principes que j’applique dans ma pratique de la menuiserie et dans ma vie de tous les jours.

Et parfois je t’avoue que c’est pas facile ! Hé oui, il y a des domaines ou bien des moments où l’état d’esprit fixe se pointe et peut me jouer des tours.

Pas grave ! Je suis juste humain.
L’essentiel c’est de s’en rendre compte, et de l’admettre.

 

1. Reconnaître la puissance de la pratique

Si je ne suis pas bon dans un domaine, je peux toujours m'améliorer en pratiquant et en m'entraînant.

Comme les biceps ou les abdos, le cerveau est un muscle.
Personne n’a des abdos en acier sans faire d’abdos ! Point.
Il en va de même pour le cerveau.

Comment est-ce que je peux savoir que je suis mauvais, et comment est-ce que je peux savoir que je ne peux pas m’améliorer, si je n'essaie pas ?

Souvent, de telles déclarations à propos de nous-mêmes sont basées sur la peur.

 

2. Chercher des moyens de s’améliorer

Après chaque meuble, je fais toujours un debriefing. Même si je suis super content du résultat.

Attention, ça ne veut pas dire ignorer la réussite ou même ma satisfaction.
Mais juste voir objectivement ce qui a marché et ce qui a moins marché. Et voir comment je peux rectifier le tir la prochaine fois.

C’est une pratique cruciale de mon développement professionnel et personnel.

 

3. Tordre le coup au “C'est trop tard” !

Il n'est jamais, jamais trop tard pour apprendre.
Je suis un fervent supporter de l’apprentissage tout au long de la vie.

Bon tu me diras, je suis formateur, donc j’ai plutôt intérêt !

Mais quand même. Il y a tellement d’avantages à s’autoriser à apprendre.
Et avec internet, les connaissances sont à portée de main, c’est mille fois plus facile qu’avant !

 

4. Revisiter sa vision de l’échec

Il se peut que “j’échoue”.
Il se peut que “j’échoue” plusieurs fois.
Si je m’écoute, il se peut même que je me plante tellement que ça me paralyse complètement.

Et c’est encore une fois la peur qui parle.
La peur de l’échec est l’une des principales raisons pour lesquelles on renonce à se lancer dans des projets qui nous tiennent pourtant à cœur.

Dans la fabrication de ce meuble qu’on rêve de faire.
Dans ce nouvel usinage que j’aimerais essayer.
Dans cet assemblage qui me fait tellement envie.

Et de ce que j’ai appris en développement personnel, la peur de l’échec est toujours une peur d’être rejeté.
Et cette peur-là, elle est universelle. Qu’on se l’admette ou non.

Pourquoi ?

Parce qu’elle est imprimée dans notre ADN.

Du point de vue de l’évolution humaine, le rejet est égal à la mort.
Ca date de l’homme des cavernes.

A cette époque, on ne pouvait pas survivre seul dans la nature sans sa tribu :

  • Pour dormir, il fallait quelqu'un pour veiller.
  • Même si on n'était pas le plus fort ou le plus rapide, on pouvait quand même manger car d'autres personnes pouvaient chasser pour nous.
  • Mais si on était rejeté de la meute et qu’on devait survivre seul(e), il n'y avait personne pour assurer nos arrières. Et le risque d'être mangé par un animal sauvage était bien plus élevé.

Donc c’est en se faisant accepter qu’on a survécu en tant qu’espèce.
En appartenant à la tribu.
Notre survie était liée à l'appartenance à un groupe.
Et donc la partie la plus primitive de notre inconscient a gardé ça dans sa programmation.

Et… je peux te faire une confidence ?

Ça n’a pas toujours été facile pour moi de faire des vidéos YouTube.
De parler devant une caméra. De créer des formations. D’animer des ateliers.

Parfois, comme nous tous, j’ai peur de me planter. D’être jugé. De ne pas être au top.
Mais j’y vais quand même.
Et parfois… je me plante ! Et en beauté !

Ce qui fait la différence, c’est que je prends TOUJOURS un moment pour dénicher la leçon que ce soit-disant échec me permet d’apprendre. De le voir comme une opportunité d'apprendre, de réévaluer et de faire mieux la prochaine fois.

Il n’y a pas d’échec : il n’y a que des réussites ou des leçons

Chaque “échec” auquel on est confronté est une occasion de regarder la situation sous un tout nouveau jour.

Donc, si tu as peur de te planter, je t’invite à te poser la question que je me pose à chaque fois que je ressens cette peur :

A quel point est-ce que tu veux obtenir le résultat qui se trouve de l’autre côté de ta peur ?

Si on veut ce résultat suffisamment, on va réussir à braver sa peur.
C’est ce qu’on appelle le courage đŸ’Ș

 

5. Demander du feedback

Bon, qu’on se le dise, parfois la critique est clairement une attaque.
A nous de faire le tri et de considérer que, généralement, les attaques personnelles en disent plus sur l’attaquant que sur celui qui les reçoit.

Mais le plus souvent, les gens essaient simplement de nous rendre service en nous offrant leurs commentaires.

Et c’est vrai que ce n’est pas toujours facile de recevoir la critique, même constructive.
Ça demande parfois un certain degré d’humilité.

Mais j’ai appris une chose : quand on est proactif, quand on demande le feedback, les gens sont majoritairement bienveillants et le donne de manière constructive.

C’est pour ça que je demande régulièrement son avis à ma communauté Visser Malin. A mes clients. A mon équipe. Et à toute autre personne en mesure de m’apporter un retour qui va me faire avancer.

 

Voilà, c’était ma minute développement personnel !

J’espère que tu y as trouvé des conseils que tu peux appliquer, et que tu as pu te reconnaître dans certains exemples, et mieux identifier où tu te situes en terme d’état d’esprit. Le "mindset", comme disent les anglophones, c'est 80% de nos résultats !